Le contrat de travail à durée indéterminée est la forme d’emploi la plus répandue en Belgique. En tant qu’employeur, vous devez comprendre les clauses essentielles et les formalités à respecter pour sécuriser la relation de travail.
Le contrat à durée indéterminée (CDI) est le contrat standard en Belgique. Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de liste de mentions obligatoires imposée par la loi pour ce type de contrat. Pourtant, certaines clauses doivent absolument être rédigées par écrit pour être valables, et d’autres sont vivement recommandées pour sécuriser la relation.
Une mauvaise compréhension de ces règles peut exposer l’entreprise à des requalifications, des régularisations financières et des litiges.
Les clauses qui doivent obligatoirement être écrites
Si le contrat à durée indéterminée n’a pas besoin d’être rédigé par écrit dans son intégralité, certaines clauses spécifiques doivent l’être pour produire leurs effets.
La clause de non-concurrence
La clause de non-concurrence doit impérativement être stipulée par écrit pour être valable. Sans cet écrit, la clause est réputée inexistante.
Elle permet à l’employeur d’interdire au travailleur, après la fin du contrat, d’exercer une activité similaire dans une entreprise concurrente. Ses conditions de validité sont encadrées par la loi (durée, secteur géographique, activités concernées, indemnité compensatoire).
La clause de formation
Une clause de formation ou de dédit-formation doit également être formalisée par écrit . Elle peut prévoir le remboursement des frais de formation par le travailleur s’il quitte l’entreprise avant une certaine période. Elle doit préciser le montant et les modalités de remboursement.
La clause d’arbitrage
Pour les travailleurs rémunérés au-delà d’un certain seuil et disposant de responsabilités de gestion importantes, une clause d’arbitrage peut être prévue. Elle permet de confier les litiges à un arbitre plutôt qu’au tribunal du travail. Elle doit également être écrite.
Les clauses spécifiques à certaines situations
D’autres clauses ou contrats doivent être écrits : le télétravail, les missions à l’étranger, les contrats avec des travailleurs étrangers. En l’absence d’écrit conforme, ces clauses peuvent être considérées comme nulles.
Les clauses recommandées pour sécuriser le contrat

Même si ce n’est pas obligatoire pour un CDI, il est vivement recommandé de formaliser par écrit un certain nombre d’éléments.
L’identification des parties et le lieu de travail
Les coordonnées complètes de l’employeur (raison sociale, numéro BCE, adresse) et du travailleur doivent être clairement mentionnées. Le lieu d’exécution du travail est un élément essentiel : toute modification substantielle nécessite un avenant.
La fonction et la rémunération
La fonction exercée doit être décrite avec précision. Le montant de la rémunération, le moment du paiement, le mode de paiement, les primes et avantages en nature doivent être stipulés . La commission paritaire applicable à l’entreprise doit également être mentionnée .
Le temps de travail et l’horaire
Pour les contrats à temps partiel en particulier, l’horaire de travail doit être détaillé (jours et heures de prestation) . Pour un CDI à temps partiel, le contrat doit être constaté par écrit au plus tard au début de l’exécution du contrat.
Les obligations spécifiques
Certaines fonctions imposent d’autres obligations, comme une obligation de confidentialité ou une clause de mobilité. Si elles ne sont pas écrites, elles peuvent être considérées comme réduites au minimum légal favorable au travailleur.
La langue du contrat de travail
Un aspect particulier du droit belge concerne la langue du contrat de travail. Si le contrat est rédigé par écrit, il doit l’être dans la langue de la région où se trouve le siège d’exploitation de l’employeur : néerlandais en Flandre, français en Wallonie, français ou néerlandais à Bruxelles, allemand dans la région germanophone.
Une traduction en anglais peut être ajoutée à côté de la version dans la langue officielle, mais celle-ci prévaut en cas de litige.
Les conséquences en cas d’absence d’écrit
L’absence d’écrit pour les clauses qui l’exigent peut avoir des conséquences graves. La clause concernée est considérée comme nulle ou inopposable.
Par exemple, une clause de non-concurrence non écrite est réputée inexistante. Pour certains contrats, comme le contrat à durée déterminée, l’absence d’écrit entraîne la requalification en contrat à durée indéterminée.
Les règles qui s’appliquent même sans clause
Même si le contrat de travail ne les mentionne pas explicitement, les conditions légales et réglementaires, ainsi que les conventions collectives de travail (CCT), font partie du contrat. Les clauses du contrat ne peuvent pas y déroger.
Un salaire inférieur au minimum sectoriel fixé par une CCT serait ainsi illégal, même si le contrat de travail le prévoit.
Découvrez plus de conseils RH 😉
- Contrat de travail à durée indéterminée : les clauses essentiellesLe contrat de travail à durée indéterminée est la forme d’emploi la plus répandue en Belgique. En tant qu’employeur, vous devez comprendre les clauses essentielles… Lire la suite : Contrat de travail à durée indéterminée : les clauses essentielles
- Contrat de travail à temps partiel : 5 erreurs à éviterLe contrat de travail à temps partiel est une solution de flexibilité appréciée dans les PME et TPE. Mais sa gestion comporte des pièges juridiques.… Lire la suite : Contrat de travail à temps partiel : 5 erreurs à éviter
- 8 conseils en droit du travail pour éviter les litigesLe droit du travail en Belgique évolue rapidement. Pour les dirigeants de PME et TPE, anticiper les risques et adopter les bonnes pratiques est la… Lire la suite : 8 conseils en droit du travail pour éviter les litiges
Conclusion
Le contrat de travail à durée indéterminée n’exige pas un formalisme excessif, mais certaines clauses doivent impérativement être écrites pour être valables. La rédaction d’un contrat écrit, reprenant les éléments essentiels, est une pratique de gestion saine qui sécurise la relation de travail et évite des contestations ultérieures.
PersoProject peut vous accompagner dans la rédaction et la sécurisation de vos contrats de travail. N’hésitez pas à nous contacter en cas de besoin.
FAQ
Un contrat de travail à durée indéterminée doit-il être écrit ?
Non, ce n’est pas obligatoire. Le contrat peut être verbal. En revanche, certaines clauses (comme la clause de non-concurrence) doivent être écrites pour être valables.
Quelles sont les clauses qui doivent absolument être écrites ?
La clause de non-concurrence, la clause de formation (ou de dédit-formation), la clause d’arbitrage pour certains cadres, le télétravail et les contrats avec des travailleurs étrangers doivent être écrits.
Quelle est la langue obligatoire pour un contrat de travail écrit ?
Le contrat doit être rédigé dans la langue de la région où se trouve le siège d’exploitation de l’employeur : néerlandais en Flandre, français en Wallonie, français ou néerlandais à Bruxelles, allemand dans la région germanophone.
Que risque l’employeur en cas d’absence d’écrit ?
La clause non écrite est réputée inexistante. Dans le cas d’un contrat qui doit obligatoirement être écrit (comme un CDD), l’absence d’écrit entraîne la requalification en CDI.













